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Voir le territoire comme le voient vos abeilles

Une carte n’est pas une photo aérienne : c’est un empilement de couches qui disent ce qui pousse, quand ça fleurit, et ce que ça vaut pour une colonie. Explorer, c’est lire ces couches sur un rayon de butinage, pas sur une commune.

Les couches de données empilées Cinq plans superposés vus en perspective : relief, eau, parcelles agricoles dont certaines en bio, forêt et haies, et au sommet le rayon de butinage autour d’une ruche. Relief Eau Parcelles Forêt et haies Rayon de butinage

Sept couches, une lecture

Chaque couche vient d’une source publique datée. Aucune n’est saisie à la main, aucune n’est devinée.

Cultures

Le Registre Parcellaire Graphique donne la culture déclarée de chaque parcelle, millésime par millésime. On y lit le colza, le tournesol, la luzerne, les prairies, les jachères — et les cultures dérobées, souvent oubliées alors qu’elles fleurissent hors saison.

Forêts et peuplements

La BD Forêt distingue l’essence et la structure. En Gironde, cela sépare le pin maritime — première formation du département, nulle en nectar — des châtaigneraies, des feuillus de vallée et des coupes en régénération.

Haies et lisières

C’est là que vit l’essentiel de la ressource girondine : robinier de talus, saule de ripisylve, lierre de lisière. Le linéaire est traité à part, parce qu’il échappe aux couches de surface.

Relief et exposition

Altitude, pente, orientation. Un versant sud avance une florée de plusieurs jours ; un fond de vallée la retarde et garde le gel. Le relief déplace le calendrier, il ne le remplace pas.

Eau et zones humides

Réseau hydrographique, plans d’eau, zones humides. Ils portent les ripisylves, déterminent la nature des landes, et conditionnent l’abreuvement d’un rucher en été.

Espaces protégés

ZNIEFF, Natura 2000, sites classés. Affichés pour ce qu’ils sont : une information de contexte et de réglementation, pas un bonus de score.

Parcelles certifiées bio

Les parcelles engagées en agriculture biologique, avec leur culture et leur année de conversion. En Gironde : 20 837 parcelles pour 34 034 hectares. C’est la couche qui permet de répondre à la question des trois kilomètres.

Trois couches à part

Le frelon, le feu et le bâti. Affichées séparément, jamais fondues dans la note d’un emplacement.

Une note moyenne les détruirait toutes les trois. Elles ne répondent pas à la même question que la ressource : la ressource dit ce qu’un lieu peut donner, celles-ci disent quand, pour combien de temps, et si vous avez le droit. Trois grandeurs de natures différentes ne se moyennent pas.

Le frelon asiatique : une question de date

Pourquoi à part

La prédation ne s’exerce pas toute l’année. Elle est nulle de janvier à mai, monte en juillet, culmine en septembre et octobre. La replier dans un indice annuel étalerait sur douze mois une contrainte qui n’en occupe que quatre : elle dégraderait sans motif un emplacement de printemps, et sous-estimerait le danger réel d’un emplacement d’arrière-saison.

Ce qu’on regarde vraiment

Pas un niveau, un recouvrement : la couche se lit mois par mois, en regard du calendrier de nectar du même endroit. La question n’est pas « y a-t-il du frelon ici ? » mais « ma miellée tombe-t-elle avant ou pendant la montée ? ». C’est une décision de date de transhumance, pas une note de lieu.

Ce que le croisement fait apparaître. Dans les Landes de Gascogne, les mois de nectar les plus forts — bruyères et callune, de juillet à octobre — tombent exactement sur la montée du frelon. La miellée de robinier, au printemps, est dégagée. L’arrière-saison girondine est à la fois la plus riche et la plus exposée : un score annuel unique rendait ce constat impossible à formuler.

Le feu : une histoire, pas un risque

Ce que la couche dit

Un contour par année depuis 2016, publié par le Centre commun de recherche de la Commission européenne. Elle ne prédit rien : elle dit ce qui a brûlé, et quand. C’est l’historique qui compte — un massif brûlé il y a trois ans et un massif brûlé il y a dix ans ne portent pas la même végétation.

Pourquoi elle ne se fond pas dans une note

Une zone brûlée n’est ni un bonus ni un malus. Le pin disparaît, la lande à bruyères et ajoncs se rouvre : c’est une promesse de ressource d’arrière-saison, pas une ressource constituée. Et repousser n’est ni fleurir ni donner du nectar — trois grandeurs, trois dates.

Le croisement qui change la lecture. Posée seule, la couche du couvert végétal peut annoncer une lande en reconstitution là où le feu vient de passer. Le produit croise donc les deux et rend le taux brûlé par nature de couvert : c’est la part de la lande qui compte, pas la part du disque — et l’écart entre les deux lectures est souvent considérable, parce que le feu ne traite pas toutes les natures de couvert de la même façon.

⚠️ Ce qu’elle ne dit pas. Environ 30 ha. Un feu plus petit n'existe pas dans cette couche. Avant 2018 la détection vient de MODIS (250 m) ; depuis 2018 de Sentinel-2, ce qui abaisse le seuil. Une case vide signifie « rien de détecté », jamais « rien n’a brûlé ».

Le bâti : ce qui vous oblige

Deux usages, une seule couche

Les bâtiments de la BD TOPO 3.5 servent à deux choses sans rapport : les distances légales d’implantation — en Gironde, l’arrêté préfectoral du 26 mars 1985 — et l’emprise bâtie du rayon, qui entre dans la lecture du cahier des charges bio. Deux questions, deux affichages.

Pourquoi elle ne se fond pas dans une note

Une distance légale n’est pas une note : c’est un oui ou non, et un écran de deux mètres l’annule entièrement — ce qui ne se calcule sur aucune carte. Le produit affiche donc la distance mesurée et renvoie à la vérification sur place. Il ne prononce jamais « non conforme ».

Pourquoi elle compte pour le bio. Le cahier des charges européen pose deux critères, pas un : les sources de nectar et de pollen, et les zones urbaines et industrielles. Le second ne se lit sur aucune couche agricole — au centre de Bordeaux, la parcelle cultivée déclarée la plus proche est à plus de quatre kilomètres. Seule l’emprise bâtie du rayon peut le porter, et Culture-API la mesure.

⚠️ Le texte européen ne donne aucun seuil. Celui qu’emploie Culture-API est une lecture, affichée comme telle avec sa source et son calibrage ; c’est votre organisme certificateur qui tranche, pas nous. Et l’usage déclaré est inconnu pour près de la moitié du bâti girondin : on compte des bâtiments, jamais des habitations.

Le rayon de butinage, pas la commune

Une abeille ne connaît pas les limites administratives. Les cercles affichés sur la carte sont des distances de vol.

1 km

La zone qui compte vraiment

C’est là que la colonie travaille en priorité, avec le meilleur rendement énergétique. Une ressource abondante à ce rayon vaut mieux qu’une ressource exceptionnelle à trois kilomètres.

2 km

Le rayon de travail courant

La zone effectivement exploitée la plupart du temps. C’est le rayon sur lequel les bilans mensuels sont calculés par défaut.

3 km

La réserve

Atteignable, mais à un coût. Une miellée située là ne se transforme en récolte que si elle est massive et si rien de mieux n’existe plus près.

Nectar et pollen ne sont jamais fondus

Deux besoins distincts, deux calendriers distincts. Les mélanger produit un chiffre rassurant et faux.

Le cas du pin maritime

Il couvre plus du tiers de la forêt girondine. Il ne produit aucun nectar. Mais il lâche un pollen massif en mars et avril, au moment exact de la reprise de ponte.

JFMAMJ JASOND

Un indice unique de « ressource » le classerait honorable en mars et annoncerait une miellée de printemps qui n’existe pas.

Le cas du noisetier

Première floraison de l’année, dès janvier. Elle est précieuse : elle relance la ponte. Elle est aussi nulle en nectar : le noisetier est anémophile, il ne sécrète rien.

JFMAMJ JASOND

Source : Liste de plantes attractives pour les abeilles — nectar 0/3, pollen 3/3.

nectar  ·  pollen

Ouvrez la carte sur vos secteurs

Les sept couches sont en place sur toute la Gironde. Posez un point sur un lieu que vous connaissez : vous avez son bilan nectar et pollen, mois par mois, sur son rayon de butinage.

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